Un instrument 
de 1937

Un des 6 orgues Wurlitzer conservés en Europe, l’orgue est installé depuis 1982 à l’aula du Collège Claparède à Chêne-Bougeries

Histoire de l’orgue

Un orgue… ? Oui, mais pas n’importe lequel ! Un instrument hors du commun, un des 6 orgues Wurlitzer conservés en Europe, un patrimoine rare et précieux, et un joyau passionnant toujours à redécouvrir, à apprécier, au gré des concerts, des visites, des événements nombreux !

Construit en 1937 par la firme américaine Wurlitzer pour un cinéma de la chaîne Granada à Clapham Junction à Londres, installé en 1982 à l’aula du Collège Claparède à Chêne-Bougeries (Genève), il a été pensé pour animer les entractes, accompagner les projections de films muets, remplacer un orchestre de jazz ou de variétés à lui tout seul.

Ce site vous propose un panorama des activités de l’Association des Amis de l’Orgue de Cinéma du Collège Claparède (AAOCCC), des archives sonores, visuelles, des documents exceptionnels sur notre orgue et l’orgue de cinéma en général : vous pouvez y passer des heures! Plongez-vous dans ces trésors et rejoignez-nous lors des prochains événements et en devenant membre de notre association !

L’installation

Celle-ci comporte deux volets:

1) trouver l’entreprise capable de monter cet orgue; ce sera une entreprise française qui en fut chargée: elle avait installé l’orgue de cinéma du Gaumont Palace à Paris ou en tout cas en avait supervisé l’installation en continu… et ceci après que les Travaux Publics auxquels appartient le Collège eurent modifié l’arrière-scène de l’aula pour y créer deux chambres sonores ou sonorisées que l’on visite aujourd’hui avec le plus grand intérêt.

2) il fallait conjointement à cette installation convaincre le monde claparédien des bienfaits de l’arrivée de ce monstre: celle-ci se justifiait à l’origine par la présence au sein du collège de la maturité artistique et aux exercices présupposés que l’orgue permettrait dans le domaine de l’improvisation et de sa relation avec les projections de films en collaboration avec la Cinémathèque suisse notamment, voire aussi avec d’autres activités théâtrales, activités dont on venait de supprimer les locaux dans lesquels elles se déployaient…

On pouvait aussi convaincre sans trop de difficultés les autres partenaires de la communauté scolaire en arguant de la présence d’un tel instrument dans l’approche pédagogique de plus d’une discipline d’enseignement: les références ne manquaient pas, à commencer par une histoire de l’orgue de l’antiquité à nos jours, qui, avec ses rôles très variés dévoile des aspects assez méconnus de cette présence à toutes les époques. Il y avait tout de même un contraste étonnant entre l’instrument qui accompagnait les jeux de l’amphithéâtre ä Rome et la musique d’église…et tout à coup l’orgue de cinéma!

L’exploitation

Au delà de l’installation proprement dite et des arguments développés pour justifier sa présence, le problème de son exploitation, occulté un peu facilement par des intérêts pédagogiques s’est cependant rapidement posé: un « emploi » finalement restreint…

Il y eut certes les concerts extraordinaires donnés par Guy Bovet et par les organistes anglais de la BBC qui avaient connu l’orgue du temps de sa splendeur et d’une exploitation qui ne l’était pas moins : ces artistes anglais nous ont beaucoup émus ne serait-ce que par leur âge, ils avaient presque quatre-vingt dix ans… et une connaissance extraordinaire de tous les films du temps du muet.

Pour tout dire, on rejoignit très tôt les motifs qui avaient dû faire hésiter la Ville ou l’Etat quant à son installation devenue exploitation. Nous n’étions pas armés pour l’entretenir aussi régulièrement qu’il eut convenu. Il a fallu très tôt procéder à des travaux de révision très importants et faire appel à des entreprises étrangères, allemandes notamment.

Le rayonnement

Mais dans le même temps, la présence de cet orgue au Collège Claparède n’avait pas passé inaperçue: des revues spécialisées avaient critiqué certains milieux anglais d’avoir bradé leur patrimoine mais dans le même temps un amateur californien nous faisait parvenir un élément manquant à notre orgue: les cloches d’un troupeau de vaches suisses…

Puis nous avons accueilli des organistes de Norvège, de Suède, des Pays-Bas qui avaient entendu parlé de cet instrument: il y avait comme un « grand tour musical » en Europe dont notre orgue a dû faire partie!